Londres, l’Écosse, le Pays de Galles… le Royaume-Uni attire chaque année des millions de visiteurs français. Mais depuis le Brexit, un séjour outre-Manche demande un peu plus de préparation qu’avant. Autorisation de voyage obligatoire, frais bancaires à éviter, connexion mobile à anticiper, assurance à vérifier : voici un tour d’horizon pratique pour partir l’esprit tranquille.
L’ETA : l’étape administrative à ne pas oublier
Depuis le 2 avril 2025, tous les ressortissants français doivent obtenir une autorisation électronique de voyage (ETA, pour Electronic Travel Authorisation) avant d’entrer au Royaume-Uni. Elle est obligatoire quel que soit le moyen de transport : avion, Eurostar, ferry ou navette Eurotunnel. La vérification a lieu dès l’enregistrement — à Paris-Nord pour l’Eurostar, dans le port pour le ferry — bien avant l’arrivée en sol britannique.
Concrètement, l’ETA fonctionne comme l’ESTA américain : c’est un visa numérique lié à votre passeport, valable deux ans ou jusqu’à l’expiration du passeport, pour des séjours allant jusqu’à six mois. Elle n’est pas à imprimer ni à présenter : tout est vérifié électroniquement.
La demande se fait uniquement en ligne, via le site officiel du gouvernement britannique (gov.uk) ou l’application mobile « UK ETA ». Il faut un passeport biométrique valide, une photo d’identité numérique récente et quelques minutes pour répondre au questionnaire. Le coût officiel est de 20 £ (environ 23-24 €) depuis avril 2026. La plupart des demandes sont approuvées en quelques heures ; le délai maximum officiel est de trois jours ouvrés. Il est donc conseillé de ne pas attendre le dernier moment et de déposer la demande au moins une semaine avant le départ.
Attention : de nombreux sites tiers proposent de vous accompagner dans la démarche, parfois pour plus de 80 €. Seul gov.uk fait autorité pour la demande officielle ; tout site affichant un autre tarif pour l’autorisation elle-même est à éviter.
La carte bancaire, reine des paiements sur place
Au Royaume-Uni, le paiement sans contact est omniprésent. Dans les boutiques, restaurants, transports et musées, la carte suffit partout — et de nombreux établissements n’acceptent plus du tout les espèces. Emmener des livres sterling en cash reste possible, mais vraiment facultatif pour un séjour touristique classique.
Le piège classique : utiliser sa carte bancaire habituelle sans vérifier les frais. La livre sterling n’étant pas l’euro, chaque transaction génère des commissions avec une carte classique de banque traditionnelle. En moyenne, les frais sur les paiements atteignent 2,5 % du montant plus 0,30 € par opération, et les retraits coûtent encore plus cher. Sur un budget de 1 000 € dépensés en une semaine, la facture de frais bancaires peut dépasser 42 €.
La solution : prévoir une carte sans frais à l’étranger. Plusieurs options gratuites existent — Revolut (Standard), Trade Republic (Classic), Boursobank (Ultim) ou Fortuneo (Fosfo) — qui permettent de payer en livres sterling sans commission. À noter également : lorsqu’un terminal propose de convertir le montant directement en euros (pratique appelée DCC), il vaut mieux refuser et régler en livres. Le taux Visa ou Mastercard est généralement plus avantageux que celui proposé par le commerçant.
Métro et transports londoniens : la carte suffit
Sur le réseau TfL (Transport for London), la carte bancaire sans contact remplace avantageusement l’Oyster Card pour un visiteur. Il suffit de la poser sur le lecteur jaune à l’entrée et à la sortie de chaque station de métro, d’Overground, de DLR ou d’Elizabeth line. Pour le bus, un seul tap à l’entrée suffit.
Un système de plafonnement automatique s’applique : en zones 1-2, qui couvrent l’essentiel de Londres touristique, les trajets sont plafonnés à £8,90 par jour. Un plafond hebdomadaire (lundi-dimanche) s’applique également, ce qui rend le sans contact très avantageux sur plusieurs jours. L’Apple Pay et Google Pay fonctionnent de la même façon. Là encore, utiliser une carte sans frais à l’étranger évite que chaque validation génère une micro-commission.
Téléphone et connexion : vérifier avant de partir
Bonne nouvelle : malgré le Brexit, les grands opérateurs français ont maintenu le Royaume-Uni dans leur zone Europe. Chez Orange, SFR, Bouygues et Free, il est en général possible d’appeler, d’envoyer des SMS et d’utiliser son quota de data sans surcoût, comme dans un pays de l’Union européenne.
Cela dit, deux points méritent vérification avant le départ. D’abord, le quota de data autorisé en itinérance : il peut être inférieur au forfait total, et dépasser ce seuil expose à des tarifs élevés. Ensuite, l’option « données en itinérance » doit être activée manuellement dans les paramètres du téléphone (Réseau mobile → Données en itinérance), sans quoi aucune connexion ne sera possible.
Pour ceux dont le forfait est limité, ou dont l’opérateur ne couvre pas le Royaume-Uni, une eSIM de voyage est une alternative simple et économique. Il s’agit d’une carte SIM virtuelle que l’on installe depuis son téléphone, sans manipulation physique, avant le départ. Des services comme Airalo ou Holafly proposent des packs de données prépayés pour 7 à 30 jours, à des tarifs bien inférieurs aux frais de hors-forfait. Condition indispensable : vérifier que son téléphone est compatible eSIM avant d’en acheter une.

Assurance voyage : ce que couvre (ou ne couvre pas) votre carte
Beaucoup de voyageurs ignorent que leur carte bancaire inclut déjà une couverture voyage. Avec une carte classique (Visa Classic, Mastercard Standard), la protection est toutefois très basique : elle se limite à l’assistance médicale d’urgence, au rapatriement et à l’assistance juridique, avec un plafond de remboursement des frais médicaux limité à environ 11 000 €.
Les cartes haut de gamme (Visa Premier, Mastercard Gold et au-dessus) offrent une protection nettement plus complète : frais médicaux couverts jusqu’à 155 000 €, annulation de voyage, retard ou perte de bagages, responsabilité civile à l’étranger. Ces garanties s’activent généralement à condition d’avoir réglé tout ou partie du voyage avec la carte, et sont valables pour des séjours de moins de 90 jours.
Pour les titulaires d’une carte classique ou qui voyagent régulièrement, souscrire une assurance voyage spécifique reste la solution la plus complète, notamment pour couvrir l’annulation, les bagages et une responsabilité civile solide. Le Royaume-Uni n’est plus dans le système de la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) depuis le Brexit : en cas de problème de santé sur place, aucun remboursement automatique via la Sécurité sociale n’est possible comme dans les pays de l’UE.
Questions fréquentes
L’ETA est-elle obligatoire pour tous, y compris les enfants ?
Oui, l’ETA est obligatoire pour toute personne entrant au Royaume-Uni, quel que soit l’âge — y compris les nourrissons. Chaque membre de la famille doit faire une demande individuelle. Seuls les ressortissants britanniques, irlandais et les titulaires d’un visa britannique valide en sont exemptés.
Mon forfait mobile fonctionne-t-il automatiquement au Royaume-Uni ?
Dans la plupart des cas oui, si votre opérateur inclut le Royaume-Uni dans sa zone Europe — ce que font actuellement les quatre grands opérateurs français. Mais vérifiez le quota de data autorisé en itinérance et pensez à activer l’option dans les paramètres de votre téléphone avant le départ.
Faut-il acheter des livres sterling avant de partir ?
Ce n’est pas nécessaire dans la grande majorité des cas. Le Royaume-Uni fonctionne très largement en « card only », et de nombreux commerces n’acceptent plus d’espèces. Une carte bancaire sans frais à l’étranger couvre sans problème l’ensemble des dépenses du séjour.
L’assurance de ma carte bancaire couvre-t-elle les frais médicaux au Royaume-Uni ?
Oui, mais avec des limites importantes selon le type de carte. Une carte classique couvre les frais médicaux d’urgence jusqu’à environ 11 000 €, ce qui peut être insuffisant pour une hospitalisation prolongée. Une carte Visa Premier ou Mastercard Gold monte à 155 000 €. Dans tous les cas, le Royaume-Uni n’est plus couvert par la carte européenne d’assurance maladie ; une assurance voyage dédiée reste recommandée pour une protection complète.
Peut-on utiliser une carte Revolut pour le métro londonien ?
Oui, parfaitement. Revolut fonctionne sur les bornes TfL comme n’importe quelle carte sans contact, y compris via Apple Pay ou Google Pay. Les plafonds journaliers et hebdomadaires s’appliquent normalement, et aucun frais de conversion n’est prélevé avec l’offre Standard.
Que faire si mon ETA est refusée ?
Un refus est rare pour les ressortissants français sans antécédent particulier, mais possible en cas d’erreur dans le formulaire (mauvaise photo, numéro de passeport incorrect) ou de situation personnelle spécifique. En cas de refus, les autorités britanniques communiquent par e-mail les motifs et les éventuelles voies de recours. C’est une raison supplémentaire de ne pas déposer la demande à la dernière minute.





