10 questions et réponses pour tout savoir sur les abeilles et leur vie dans la ruche

tout savoir sur les abeilles

Les abeilles à miel – que l’on nomme plus souvent abeilles mellifères – sont des insectes bien connus de tous. Souvent aimées, parfois craintes, les abeilles remplissent des fonctions très importantes pour notre environnement. Appelés Apis mellifera par les scientifiques, ces insectes sociaux intéressent de plus en plus de personnes qui souhaitent en faire l’élevage et contribuer à leur protection.

Mais devenir un bon apiculteur n’est pas facile et l’on doit avant d’acquérir ses premières ruches, s’informer correctement sur la biologie et l’écologie de ces fascinants insectes.

Si vous ne connaissez pas bien les abeilles mellifères, nous allons essayer de vous renseigner sur leurs spécificités. Mais aussi de vous faire entrevoir l’étendu des connaissances à leur sujet.

Cet article vous présente 10 questions/réponses pour enfin tout savoir sur la vie des abeilles dans une ruche. Nous vous souhaitons une bonne lecture.

Quel est le nombre d’abeilles dans une ruche ?

Le nombre d’abeilles dans une colonie se compte par milliers. En effet, dès sa constitution la colonie compte souvent plus de 10 000 ouvrières arrivées avec l’essaim fondateur. Contrairement aux colonies de frelons ou de bourdons qui débutent avec un unique individu, la reine.

Le nombre d’abeilles dans une ruche peut varier de 10 000 à 60 000 individus adultes en fonction de la saison.

La colonie a besoin de davantage de main-d’œuvre durant le printemps et l’été pour butiner la profusion de fleurs qui s’épanouissent sur les forêts, les maquis et dans les champs. Pour répondre à ce besoin, la reine va pondre 1000 à 2000 œufs par jour. En quelques semaines les effectifs de butineuses sont renforcés.

Par contre, lorsque la belle saison touche à sa fin, la ponte de la reine diminue. La colonie va réduire son contingent d’ouvrières manutentionnaires, car le travail à l’extérieur du nid est moins important.

En hiver, le nombre d’abeilles qui vivent dans une ruche est au plus bas. On compte entre 10 000 et 20 000 ouvrières qui ont pour principales fonctions de tenir chaud à la reine et de nourrir les larves des abeilles qui émergeront au printemps suivant.

Honey bees and queen bee on honeycomb in hive
Une colonie contient plusieurs dizaines de milliers d’individus.

L’importance d’une population d’une ruche dépend aussi de la sous-espèce ou de la race des abeilles. On sait par exemple que les abeilles italiennes – originaires de régions méditerranéennes aux hivers doux – gardent des colonies populeuses, même durant la mauvaise saison. Inversement, les abeilles noires – autochtones de France – réduisent fortement leur population à l’automne en prévision de la mauvaise saison. Ce qui permet à la colonie d’économiser ses réserves et de survivre à un hiver potentiellement long et froid.

Quelle est l’espérance de vie d’une abeille ?

La durée de vie d’une abeille va dépendre de sa caste. Comme pour tous les Hyménoptères sociaux, il existe trois castes d’individus dans une colonie : les ouvrières, les faux-bourdons et une reine.

Les ouvrières sont des femelles stériles. Leur espérance de vie est variable et dépend de la saison qui les voit naître. Les ouvrières qui naissent au printemps et en été vivent entre 6 semaines et deux mois. Cette espérance de vie brève est causée par une charge importante de travail.

Elles se tuent littéralement à la tâche. Par contre, les ouvrières qui naissent à l’automne et en hiver vont vivre beaucoup plus longtemps. Dans les régions les plus froides, ces abeilles peu actives vivent jusqu’à six mois.

Les faux-bourdons sont les mâles. Ils ne sont pas toujours présents dans une colonie. Ils naissent au printemps et en été durant la saison de l’essaimage. Leur durée de vie est de deux à trois mois. Ceux qui s’accouplent avec une reine ne survivent pas à leur vol de fécondation. Les autres seront chassés de la ruche à la fin de l’été. Ils mourront alors rapidement de faim.

La reine peut vivre beaucoup plus longtemps que les
ouvrières et les faux-bourdons. Les apiculteurs observent une espérance de vie de 2 à 5 ans. Mais on a connu des reines qui ont atteint 8 ans. Leur longévité est corrélée avec leur capacité à pondre. Car lorsqu’une reine ne pond plus suffisamment d’œufs pour garantir la survie de la colonie, les ouvrières la tuent et élèvent une nouvelle souveraine.

Quel est le cycle de vie d’une abeille ?

Le cycle de vie d’une abeille a fait l’objet de nombreuses recherches depuis plus de deux siècles. Mais il reste beaucoup à découvrir, car les mécanismes de régulation sont nombreux, complexes et silencieux. En effet, chez les abeilles beaucoup d’informations circulent par la voie des phéromones, des molécules odorantes qui régulent l’activité de la colonie.

Le cycle de vie d’une abeille dépend avant tout de sa caste. La vie d’une ouvrière est très différente de celle de la reine.

Cycle de vie d’une ouvrière

Comme nous l’avons vu précédemment, la durée de vie d’une ouvrière dépend du moment où elle vient au monde. Les abeilles d’été sont très actives et vivent quelques semaines. Les abeilles d’hiver travaillent moins intensément et survivent plusieurs mois. Mais durant leur vie, chaque ouvrière va accomplir plusieurs tâches pour sa colonie.

Cette organisation du travail repose sur l’âge de l’ouvrière. D’un point de vue physiologique, la tâche effectuée dépend du fonctionnement puis de l’arrêt de différentes glandes : glandes à gelée royale, glandes cirières, glandes à venin,…

Voici par ordre chronologique la succession des activités d’une abeille ouvrière :

  • Nettoyeuse
  • Nourrice
  • Cirière
  • Magasinière
  • Gardienne
  • Butineuse

L’ouvrière va commencer sa vie par travailler à l’intérieur de la ruche. Il y a beaucoup à faire, comme s’occuper des larves que l’on nomme aussi le couvain de la colonie, produire de la cire et construire des rayons, stocker le nectar et le transformer en miel.

À l’intérieur de la ruche, l’ouvrière est très active, mais elle sera alors en sécurité. Puis, elle devient gardienne pendant quelques jours pour protéger l’entrée du nid collectif. Enfin, elle va achever sa vie en devenant butineuse. Durant ces quelques dernières journées, une ouvrière va parcourir en vol environ 800 kilomètres pour chercher la nourriture dont sa colonie à besoin. C’est l’usure de ces ailes et de ses muscles qui va provoquer sa mort.

Avant de devenir butineuse, une ouvrière aura effectué de nombreuses tâches dans la colonie.

Quel est le rôle du faux-bourdon ?

Les faux-bourdons ont moins de rôle à jouer que les ouvrières. On les présente souvent comme des insectes inactifs, dont l’unique but est de s’accoupler avec une jeune reine. Ce n’est pas entièrement vrai. En effet, les faux-bourdons qui restent dans la ruche participent à la ventilation de celle-ci.

Comme les ouvrières ventileuses, les faux-bourdons battent des ailes pour aider à faire circuler et renouveler l’air de l’intérieur de la colonie.

Cette fonction permet de contrôler la température et d’éviter la surchauffe du couvain. Et cela permet aussi de faire entrer de l’oxygène et d’éliminer au dehors le dioxyde de carbone produit par la respiration des milliers de larves et d’adultes.

Bien entendu, le rôle de reproducteur est central chez un faux-bourdon. Dès qu’il atteint la maturité sexuelle, il va s’envoler pour rejoindre l’une des congrégations des environs de la ruche.

Une congrégation est un rassemblement de mâles et de jeunes reines qui dure quelques heures durant les journées chaudes du printemps et du début d’été. Les congrégations ont toujours lieu aux mêmes emplacements d’une année sur l’autre. Et les scientifiques ne savent pas exactement pourquoi les abeilles sont fidèles à ces lieux et comment elles trouvent spontanément leur chemin pour les rejoindre.

Les faux-bourdon sont nombreux à voler sur la congrégation et à attendre l’arrivée d’une reine. Leurs gros yeux les avantages pour repérer leur potentiel partenaire, ainsi que leurs antennes sensibles aux phéromones produites par les reines vierges. Lorsque l’une d’elles arrive sur la congrégation, plusieurs dizaines de mâles la prennent en chasse. Mais tous n’arriveront pas à l’accoupler. Ceux qui transmettront leur sperme ne survivront pas. Leurs organes génitaux s’arrachent à la fin de l’accouplement et les insectes tombent raides morts au sol.

Les faux-bourdons qui n’ont pas réussi à rattraper une demoiselle abeille retourneront à la ruche. Pour revenir le jour suivant sur cette congrégation ou une autre.

Durant leur mission de reproduction, il est très fréquent que les faux-bourdons ne rentrent pas à la ruche qui les a vu naître. Les mâles sont souvent nomades et passent de ruche en ruche. Ils seront toujours les bienvenus pour les ouvrières, durant cette période des accouplements.

Par contre, lorsqu’arrive la fin de l’été ou si le temps vient à se refroidir et diminue les rentrées de nourriture, le comportement des ouvrières vis-à-vis des faux bourdons change complètement. Ils ne sont plus accueillis et l’entrée du nid leur est interdite. Les faux-bourdons qui se trouvent dans la ruche sont chassés et parfois tués. C’est ainsi que les abeilles traitent les bouches devenues inutiles pour la communauté.

Cycle de vie d’une reine

La reine est l’unique femelle sexuée et capable de pondre des œufs en situation normale. Elle est donc très précieuse pour la colonie et nous verrons que tout est mis en œuvre pour garantir sa survie.

La reine est issue d’un œuf fécondé en toute part identique à celui d’une ouvrière. Mais ce qui va lui offrir une toute autre destinée tient seulement dans l’alimentation qu’elle va recevoir durant les six jours de sa vie larvaire.

Contrairement à une larve d’ouvrière, une larve qui deviendra une reine sera alimentée exclusivement par de la gelée royale. C’est cette sécrétion produite par les glandes hypopharyngiennes des ouvrières nourrices qui va permettre la mise en place d’organes de reproduction. L’aspect de la reine sera aussi différent de celui d’une ouvrière. Son abdomen est plus allongé et elle est deux fois plus massive.

Lorsqu’une reine sort d’une cellule royale, elle va aussitôt chercher les éventuelles autres reines pour les mettre à mort. Car il ne peut y avoir qu’une seule reine dans une colonie d’abeilles. Généralement, l’ancienne reine a déjà quitté les lieux avec une partie de ouvrières. C’est ce que l’on nomme l’essaimage. La relève sera assurée par la jeune reine survivante.

Cycle de vie d’une reine abeille
La reine est assez distincte des ouvrières, mais les apiculteurs préfèrent la peindre au niveau du thorax pour la repérer plus facilement.

Pour pouvoir pondre des œufs fécondés, une reine doit s’accoupler avec les faux-bourdons. Comme présenté plus haut dans le texte, les accouplements se font en vol sur un lieu que l’on nomme une congrégation. Une reine va s’accoupler avec une dizaine de faux-bourdons durant un vol nuptial ou au cours de plusieurs vols lorsque cela est nécessaire.

Une fois sa spermathèque remplie de millions de spermatozoïdes, elle va se mettre à pondre. Elle ne s’accouple plus de nouveau. Et la ponte sera son unique activité au sein de la colonie. Elle ne sortira éventuellement de la ruche que pour partir – l’année suivante – avec un essaim.

Durant une année, une reine va pondre pas moins de 250 000 œufs. Pour tenir la cadence, elle sera nourrie constamment par des ouvrières qui lui apporteront de la gelée royale et du miel. Les ouvrières s’occupent aussi de la nettoyer constamment de leur salive pour la garder propre et en bonne santé.

De quoi se nourrissent les abeilles ?

Contrairement aux fourmis et aux frelons, les abeilles ne consomment pas de nourriture d’origine animale. Elles ne chassent pas et ne se nourrissent pas non plus sur les cadavres d’animaux. Elles trouvent l’ensemble des nutriments dont elles ont besoin sur les fleurs.

Les abeilles ont besoin d’une grande quantité de glucides pour soutenir les efforts déployés pour prospecter leur environnement, ventiler ou réchauffer leur nid, construire et défendre leur colonie.

Ces sucres sont apportés par le nectar que les fleurs produisent. Ce nectar peut être consommé directement. Ou bien il sera stocké dans les alvéoles puis transformé en miel.

Les abeilles partagent entre elles le nectar par trophallaxie. C’est le nom que porte ce phénomène d’échange d’aliment liquide entre les individus d’une colonie. Les aliments passent ainsi d’abeille à abeille, jusqu’à nourrir tous les membres de la colonie.

Les abeilles ont aussi besoin de protéines, particulièrement durant leur vie larvaire. Les protéines sont apportées par le pollen. Il est lui aussi présent dans les fleurs. Les abeilles collectent le pollen et celui-ci s’agglutinent en petites boules sur leurs pattes arrières. Il est rapporté à la colonie pour être stocké dans les alvéoles.

Ce pollen subit une fermentation et devient du pain d’abeilles, plus digeste pour les insectes. Le pollen fermenté est consommé en grande quantité par les jeunes ouvrières qui remplissent le rôle de nourrice. C’est l’une des bases de la gelée royale.

les abeilles trouvent tous leurs aliments dans les fleurs
les abeilles trouvent tous leurs aliments dans les fleurs

En visitant de nombreuses fleurs, une ouvrière permet la pollinisation de celles-ci. C’est-à-dire la fécondation de l’organe femelle – le pistil – par des grains de pollen. Les abeilles sont des pollinisateurs importants pour les écosystèmes, mais aussi pour les exploitations agricoles.

Sans le butinage des abeilles, les vergers et les champs auraient des rendements beaucoup plus faibles. Les abeilles sont donc importantes pour garantir l’alimentation de l’espèce humaine. Il est donc important de s’intéresser à elle et de les protéger.

Les abeilles ont-elles besoin d’eau ?

Les abeilles adultes sont constituées à 70% d’eau. Et cette proportion s’élève à 80% chez les larves. L’eau est aussi vitale pour les abeilles que pour les autres êtres vivants qui peuplent notre planète.

L’eau est apportée en partie par le nectar. Celui-ci en contient souvent plus de 80%. Les ouvrières s’hydratent généralement en consommant le nectar. Mais l’eau est aussi collectée dans les mares, au bord des flaques et sur les feuilles couvertes de rosée.

L’eau est importante pour la production de la gelée royale. Car ce liquide nourricier en contient 60%.  Ainsi les butineuses en rapportent en grande quantité pour approvisionner les nourrices.

L’eau est aussi une source de sels minéraux et d’oligo-éléments. Les abeilles apprécient d’ailleurs les eaux légèrement salées, comme celles des piscines ou des mares riches en matières organiques.

L’eau joue aussi un rôle majeur pour maintenir la température interne de la colonie. Au niveau du couvain, la température est maintenue constamment à 35°C. Mais elle ne doit pas montrer au-delà. Sans quoi les larves peuvent mourir.

En été, les pourvoyeuses recherchent activement de l’eau pour refroidir le nid. De retour à la ruche, elles déposent des gouttelettes à la surface des rayons de cire. Et les ouvrières les ventilent pour accélérer leur évaporation. Ce passage de l’eau liquide à l’eau gazeuse s’accompagne d’une absorption de calories. Les abeilles maîtrisent la climatisation depuis des milliers d’années !

À quoi sert le miel pour les abeilles ?

Le miel est produit à partir du nectar que les abeilles collectent dans les fleurs. Ce nectar est déshydraté par ventilation, jusqu’à contenir moins de 20% d’eau. Une fois mature, les ouvrières recouvrent les alvéoles d’une fine pellicule de cire. Le miel peut alors être conservé à température de la ruche pendant plusieurs mois.

Les abeilles stockent plusieurs dizaines de kilogrammes dans les rayons de cire de leur nid. Il s’agit d’une quantité qui peut paraître très importante, mais qui permet de couvrir les besoins des insectes durant l’hiver et lorsque le nectar n’est pas produite en quantité suffisante.

les abeilles emmagasinent le miel dans les alvéoles des rayons de cire
les abeilles emmagasinent le miel dans les alvéoles des rayons de cire

Les abeilles ont aussi besoin du miel pour préparer l’essaimage. L’essaim qui quitte la colonie avec l’ancienne reine se compose de milliers d’abeilles qui ont rempli leur jabot de miel. Un essaim quitte la ruche avec plus d’un kilogramme de miel en réserve. Ce miel est indispensable pour fournir l’énergie nécessaire à la survie de l’essaim, jusqu’à la fondation d’une nouvelle colonie.

Le miel est aussi la ressource qui permet de produire de nouveaux rayons de cire. On dit souvent que les abeilles ont besoin de 9 kilogrammes de miel pour produire un kilogramme de cire.

Si vous souhaitez en savoir davantage sur le miel, son extraction par l’apiculteur et sa maturation, nous vous conseillons de vous inscrire à l’un des modules de formation e-learning proposés par l’école d’apiculture en ligne IDLWT : https://apiculture.idlwt.com

Est-ce qu’une abeille meurt après avoir piqué ?

Toutes les ouvrières du genre Apis présentent la particularité de posséder un dard cranté. Il s’agit d’une adaptation pour que les colonies puissent mieux se défendre contre les attaques des mammifères et des oiseaux consommateurs de larves et de miel.

Ce type de dard reste figé dans la plaie et provoque de détachement de tout l’appareil venimeux de l’abeille. L’ouvrière va mourir, mais sa poche à venin pourra continuer à injecter son contenu dans l’organisme de l’assaillant.

L’envenimation est alors plus efficace.

Par contre, le dard se fige moins souvent lorsqu’une ouvrière pique un autre insecte. Car la cuticule qui couvre le corps d’un insecte n’est pas élastique comme la peau et ne retient pas le dard. Dans ce cas, l’ouvrière peut alors survivre au coup mortel qu’elle donne.

Le dard est un organe qui a évolué à partir de l’ovipositeur. C’est-à-dire d’une tarière utilisée par beaucoup d’insectes pour déposer leurs œufs dans le sol ou dans un organisme parasité. Il n’est donc pas surprenant que les faux-bourdons ne disposent pas de dard. On peut donc les prendre à la main sans risquer la moindre piqûre.

Le dard d’une reine est parfaitement lisse. Ainsi, elle ne risque pas de voir l’extrémité de son abdomen arraché à la suite d’une piqûre. Rappelons que la jeune reine commence sa vie d’insecte adulte en tuant toutes les reines rivales, souvent encore cloîtrées dans leur cellule royale. Elle ne doit pas risquer de mourir suite à l’arrachage de sa poche à venin.

Pour un être humain adulte, la vie peut être mise en danger à partir de 400 piqûres reçues. Une centaine de piqûres peuvent menacer la vie d’un enfant. Mais une seule piqûre est suffisante pour provoquer la mort d’une personne allergique. Si vous souhaitez pratiquer l’apiculture, vous devez être certain de ne pas être allergique.

Quels sont les ennemis de l’abeille ?

Survivre dans la nature n’est pas simple pour les abeilles. Et celles-ci comptent de nombreux ennemis dans leur environnement, mais parfois aussi à l’intérieur même de leur nid. Les abeilles mellifères ont évolué pendant des milliers d’années avec ces menaces et ont mis en place des stratagèmes pour s’en défendre efficacement.

En France, les principaux ennemis des abeilles sont des micro-organismes – notamment la loque américaine – et des insectes qui s’attaquent au couvain.

Un petit papillon de nuit que l’on nomme fausse teigne de ruche vient souvent pondre ses œufs à l’entrée des ruches. Ses larves particulièrement voraces s’attaquent à la cire et peuvent détruire le nid des abeilles en quelques semaines. Les colonies populeuses n’ont rien à craindre. Par contre, les colonies peu populeuses ne contiendront pas leurs agresseurs et disparaîtront.

Le papillon sphinx tête de mort et le cétoine noir se retrouvent souvent dans les ruches en été. Ils ne provoquent pas beaucoup de dégâts, mais s’alimentent du miel au dépend des abeilles. Mais quel que soit l’agent pathogène, une colonie parvient souvent à guérir d’elle-même.

Les ravageurs et les parasites jouent un rôle positif en détruisant les colonies faibles. Ils orientent alors la sélection naturelle pour garder des populations d’abeilles performantes et dynamiques.

le sphinx tête de mort est un grand papillon de nuit qui apprécie de se nourrir du miel des abeilles
le sphinx tête de mort est un grand papillon de nuit qui apprécie de se nourrir du miel des abeilles

Les ennemis les plus problématiques pour les abeilles mellifères sont ceux qui ont été introduits par l’Homme. En effet, les abeilles ne sont pas préparées pour lutter contre ces nouveaux prédateurs et parasites. Les dégâts sur les colonies sont alors beaucoup plus importants.

Actuellement, deux ravageurs d’origine exotique posent de graves problèmes aux abeilles et aux apiculteurs : le varroa et le frelon asiatique.

Le varroa

Le varroa est un acarien originaire de Corée et du Japon. Dans ces contrées d’Orient, il parasite l’abeille asiatique (Apis cerana). Mais l’hôte et le ravageur coexistent sans que l’un ne détruise l’autre. L’abeille a mis en place des mécanismes pour limiter la prolifération du couvain.

Mais lorsque cet acarien est arrivé en Europe, il n’a pas rencontré de résistance chez notre abeille mellifère. Présent en France depuis 1982, le varroa a causé la destruction de dizaines de milliers de colonies d’abeilles et la cessation d’activité de nombreux apiculteurs.

Le varroa parasite les larves et les nymphes. Mais il se nourrit aussi en ponctionnant les tissus gras des abeilles adultes. En plus d’affaiblir les abeilles parasitées, il est responsable de l’inoculation de dangereux virus, comme la maladie des ailes déformées. Ces virus introduits dans la ruche se transmettent ensuite par contact d’une abeille à une autre.

Sans traitement efficace, la population des acariens ne cesse d’augmenter dans la colonie d’abeilles. Lorsqu’ils sont trop nombreux, ces acariens causent la mort prématurée de beaucoup d’ouvrières. Les varroas et les virus qu’ils introduisent sont responsables de l’effondrement de la colonie. Pour éviter de perdre ses abeilles, il faut les traiter chaque année avec des médicaments adaptés.

Le frelon asiatique

Le frelon asiatique est le dernier des prédateurs introduits par erreur. Comme le varroa, il est aussi originaire d’Asie. Des analyses de son ADN précisent que les reines de frelons asiatiques arrivées en 2004 en France provenaient de la région de Canton, en Chine. Pour l’anecdote, ces reines fondatrices sont arrivées par cargo avec une cargaison de poteries chinoises.

Le frelon asiatique est un redoutable prédateur des abeilles. Il se poste en vol stationnaire devant l’entrée du ruche pour capturer une butineuse. Quelques secondes lui suffisent pour qu’il s’empare d’une proie. Lorsqu’il attrape une ouvrière, le frelon lui coupe la tête et l’abdomen. Il ne rapporte à son nid que le thorax – la partie la plus riche en protéines – pour nourrir ses larves.

Un seul frelon peut tuer des dizaines d’abeilles et d’autres insectes chaque jour. Sachant qu’un nid de frelons asiatiques contient jusqu’à 1000 ouvrières, on comprend que les dégâts sur les ruchers sont importants.

le frelon asiatique est un redoutable prédateur des abeilles
le frelon asiatique est un redoutable prédateur des abeilles

Dans la région d’origine de ce frelon, les abeilles asiatiques ont appris à se défendre. Elles savent comment attaquer en groupe un frelon, le faire fuir et parfois même le tuer. Ce que ne savent pas faire nos abeilles européennes. Au contraire, nos abeilles mellifères sont stressées par la présence des frelons asiatiques qui rodent autour de leur ruche. Si bien que les butineuses n’osent plus quitter la planche d’envol. Les apiculteurs parlent alors de la paralysie de la colonie.

Les colonies assiégées par des frelons asiatiques présents en trop grand nombre ne collectent plus assez de nectar et de pollen. Après quelques semaines, c’est la pénurie alimentaire et la mort de la colonie. Les frelons n’ont plus qu’à rentrer dans le nid dépeuplé pour s’emparer des abeilles survivantes et de leurs larves.

Le film suivant présente une méthode commune pour lutter contre les frelons asiatiques. Il s’agit de tuer les frelons avec une raquette de badminton. Mais il existe d’autres méthodes comme le piégeage ou l’empoisonnement.

Les menaces climatiques

Les abeilles sont aussi menacées par les bouleversements climatiques et environnementaux que nous vivons. Les activités humaines et leurs répercussions sur le climat sont à l’origine de la disparition de nombreuses colonies d’abeilles chaque année.

La raréfaction des ressources alimentaires fragilise la santé des colonies d’abeilles déjà menacées par les parasites et les prédateurs.

On peut donc affirmer que les abeilles sont des insectes en voie de disparition. Et dans de nombreuses régions de France, elles ne doivent leur survie qu’à l’élevage fait pas les apiculteurs.

Quelle est l’organisation d’une ruche ?

Dans la nature, les abeilles mellifères sont des insectes qui investissent une cavité dans un arbre ou dans une falaise, afin d’y construire leur nid de cire. L’apiculture est apparue au moment où les êtres humains ont construit des abris artificiels pour attirer les abeilles.

Une ruche est donc un espace clos simplement ouvert d’une entrée pour laisser aller et venir les insectes. Il doit être de volume suffisant pour permettre à la colonie d’abeilles d’atteindre une taille optimale. Un volume de 30 à 50 litres est généralement créé.

Il existe plusieurs modèles de ruche, mais tous répondent aux besoins des abeilles. Les plus anciennes sont les ruches en paille ou celles qui sont creusées dans un tronc. Elles sont maintenant très rarement employées, sauf par des apiculteurs nostalgiques des traditions d’antan.

les ruches à cadres rendent très facile l’inspection des rayons et la surveillance sanitaire des colonies
Les ruches à cadres rendent très facile l’inspection des rayons et la surveillance sanitaire des colonies

Les ruches modernes – que l’on retrouve chez tous les apiculteurs professionnels et chez la majorité des amateurs – sont des ruches à cadres mobiles. C’est-à-dire que l’intérieur de ces ruches reçoit des cadres en bois, sur lesquels les abeilles vont bâtir leurs rayons de cire. L’apiculteur peut ouvrir ses ruches et retirer facilement les cadres pour observer l’état du couvain, la présence de la reine et évaluer la quantité des réserves disponibles.

La plupart des ruches à cadres se composent d’un corps de ruche, sur lequel viennent se positionner des modules amovibles. Ces modules sont nommés des hausses. C’est dans les hausse que les abeilles viendront stocker le surplus de miel que l’apiculteur récolte. Le miel que les abeilles gardent dans le corps de ruche n’est jamais récolté.

Les ruches sont souvent regroupées dans un même endroit, que l’on nomme un rucher. Pour offrir les meilleures conditions possibles à vos abeilles, il faut choisir un emplacement abrité des vents froids d’hiver. Dans notre hémisphère nord, une exposition au sud ou à l’est est généralement adaptée.

Combien de ruches pour vivre de l’apiculture ?

L’apiculture de loisir peut se pratiquer avec quelques ruches. Chaque colonie pourra donner plusieurs kilogrammes de miel par an. Ce qui couvre largement les besoins de l’apiculteur et de sa famille. Par contre, l’apiculteur professionnel aura besoin de constituer un cheptel beaucoup plus important pour dégager un revenu suffisant.

La plupart des apiculteurs professionnels possèdent plus de 200 ruches. Ce nombre permet d’extraire chaque année plusieurs tonnes de miel. Les apiculteurs assurent par eux-mêmes l’extraction du miel et son conditionnement en pot. Ils s’occupent bien souvent de la vente du miel directement aux consommateurs, depuis leur propre point de vente et en vendant sur les marchés.

Être apiculteur professionnel impose de bien connaître les techniques apicoles, mais aussi de maîtriser la gestion d’une entreprise et la vente des productions. C’est un métier complet qui repose sur de nombreuses compétences.

Pour vivre de l’apiculture, il est nécessaire de constituer d’importants cheptels.

En plus d’extraire du miel, les apiculteurs professionnels vendent de la cire, de la propolis et parfois de la gelée royale. Bien que ce dernier produit de la ruche demande beaucoup plus de technicité.

Les apiculteurs professionnels pratiquent souvent l’élevage des reines et la vente de jeunes colonies (nommées des essaims sur cadres) à ceux qui veulent débuter l’apiculture. Comme dans beaucoup de secteurs de notre économie, la diversification est nécessaire pour rentabiliser une entreprise apicole.

Il est aussi possible de pratiquer une activité apicole professionnelle complémentaire à son emploi. On a alors le statut d’apiculteur pluriactif. En France, plusieurs milliers d’apiculteurs ont choisi ce statut qui apporte le plus de sécurité. Notamment durant une période de transition entre le salariat et l’entrepreneuriat.

Pour résumer

Les abeilles sont des insectes sociaux dont le comportement est complexe. Chaque caste joue un rôle important dans la survie de la communauté. L’individu devient un composant d’un super-organisme que l’on nomme une colonie. Ce super-organisme compte plusieurs milliers d’insectes et son importante et son organisation s’adapte aux conditions de son environnement.

Si vous souhaitez devenir apiculteur amateur ou bien apiculteur professionnel, il est nécessaire de parfaitement comprendre l’organisation d’une colonie d’abeilles. Mais aussi de savoir comment protéger les ruches des attaques des ravageurs. Le varroa et le frelon asiatique ont rendu l’apiculture beaucoup plus difficile que par le passé. Sans une action adaptée contre ces parasites, l’élevage des abeilles est compromis.

Il est donc plus que nécessaire de vous former en suivant des cours en ligne et des cours pratiques au sein d’un rucher-école. Vous apprendrez à pratiquer l’apiculture en sécurité et avec satisfaction. Vous pourrez aussi rencontrer d’autres passionnées et lier des amitiés.

Nous espérons que cet article vous a plu. Si c’est le cas et pour nous aider à protéger les abeilles, partagez-le sur les réseaux sociaux. Nous vous souhaitons une bonne journée.

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