Le Babyfoot est il un leurre social dans une entreprise ?

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Depuis l’allocution du Président Macron, et plus généralement depuis la prise en compte des facteurs de réussite de la Silicon Valley, le terme « Start-up Nation » est sur toutes les lèvres. Et comme il faut toujours un symbole pour matérialiser une idée, les acteurs du renouveau français ont jeté leur dévolu sur l’un des objets phare censé représenté cet état d’esprit : le babyfoot.

Souhaitant insuffler une ambiance cosy à leur entreprise, les dirigeants de la nouvelle génération ont identifié ce passe-temps comme un moyen de resserrer les liens, de créer une synergie au sein de la société. Mais tandis que certains salariés s’accommodent de cette initiative, d’autres pointent du doigt l’aspect infantilisant de la démarche, une solution qu’ils identifient comme un « attrape-stagiaire » plutôt que comme une source d’épanouissement. Entre faits et interprétations, il est temps d’identifier clairement la valeur ajoutée du « syndrome babyfoot ».

Babyfoot : moins qu’un passe temps, un outil de déco

Dans cet amas de critiques, celle qui ressort systématiquement s’avère être l’inutilité d’un tel outil. Plus encore, la plupart des salariés évoluant au sein d’une « start-up à babyfoot » considèrent ce bloc de bois comme un objet de décoration, un utilitaire ayant l’avantage de proposer jusqu’à 8 porte manteaux, le tout en un !

Car en effet, le point commun entre toutes ces entreprises réside dans leur jeunesse, et comme toute jeune organisation, la théorie ne ressemble que très rarement à la pratique, et les temps de battement censés servir à la détente sont plus souvent utilisés pour colmater les brèches d’une organisation aussi prometteuse qu’ingénue. Ainsi, l’installation d’un babyfoot dans un open space ne rime pas systématiquement avec réussite et plénitude.

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L’exemple d’une entreprise comme Optédif Formation en est la preuve : Start-up très en vogue dans le domaine de la formation, la société est notamment reconnue pour sa capacité à générer une synergie forte entre les collaborateurs, une entente qui se répercute directement sur le client final. Ici, pas de babyfoot, mais une liberté de mouvement réelle et sans équivoque. Les collaborateurs jouissent d’une autonomie en adéquation avec leurs taches, et la mise en place d’un outil d’attraction ne fait ainsi plus sens, la politique de l’entreprise étant de rendre le travail au moins aussi passionnant que n’importe quel jeu.

Et même s’il est vrai que l’utilisation d’un babyfoot peut permettre d’établir un esprit d’équipe au sein de l’entreprise, les matchs 2 contre 2 permettant indéniablement de nouer des liens et de créer une source d’énergie notable, il n’en est pas moins vrai que ces occasions sont assez rares : gestion des ressources humaines, problème de management, réunionite aigue… la réalité du terrain rattrape souvent les bonnes initiatives. Dernièrement, les retours inquiétants sur des cas de burn-out à l’intérieur des startsup viennent encore un peu plus pondérer la mise en place de tels outils. Avec 80% des jeunes pousses françaises qui ne survivent pas au-delà de 5 années d’existence, il semblerait que les babyfoots ne soient en réalité qu’un simple miroir aux alouettes.

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Babyfoot : une illusion pour cacher les vrais problèmes

Le babyfoot est également vu comme un outil de management à part entière. Car mis à part son côté ludique, il est aussi considéré comme un moyen de pousser les salariés à rester plus longtemps à l’intérieur des locaux. Cette volonté qu’ont les dirigeants d’allonger la présence des collaborateurs est conditionnée par le modus operandi même de la mentalité start up : ici, c’est le sentiment d’appartenance qui est visé. Plus un employé reste au travail, plus son attention et son temps seront dédiés à l’entreprise, une présence constante qui va ainsi le suivre même jusqu’à son domicile.

Et si l’on ajoute à cela un babyfoot, source d’allongement du temps de présence, on se retrouve avec des collaborateurs totalement absorbés par leur travail, au point que le babyfoot apparaît de plus en plus comme une chose négative restreignant le champ de vision, plutôt que comme un outil permettant l’évasion et la détente. Il devient ainsi une solution de retrait, un moyen d’éviter les problèmes intrinsèques à toute jeune entreprise.

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Babyfoot : une mode inoffensive

Comme vous l’avez compris, les observations au sein des entreprises ne sont pas tendres avec ce genre de procédé. Cette méfiance est d’autant plus visible que la France, ainsi que ses entreprises, n’est pas encore totalement familiarisée avec ce type d’organisation issue de la cote ouest des États-Unis. Pour autant, il s’agit de relativiser sur le propos.

Bien que très peu justifiable d’un point de vue de l’utilité, le choix d’imposer un babyfoot dans un open space est aussi conditionné par la volonté du dirigeant à faire du lieu de travail un endroit agréable, un lieu où l’on souhaite se rendre. Supprimer cette fameuse boule au ventre que ressentent la plupart des salariés lorsqu’ils se lèvent chaque matin, c’est également le but de la manoeuvre. Il convient ainsi de rendre hommage aux entrepreneurs cherchant à créer une nouvelle atmosphère au sein des sociétés françaises, des entreprises aux moeurs anciennes et inamovibles qui présentent également leurs lots de contradiction.

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