Faire installer des panneaux solaires est un projet qui engage plusieurs milliers d’euros. Pour s’assurer que l’entreprise retenue dispose réellement des compétences techniques requises, il existe en France un label spécifique : le label RGE QualiPV. Il s’adresse aux professionnels du bâtiment qui installent des systèmes photovoltaïques raccordés au réseau, et constitue aujourd’hui une référence incontournable dans le secteur.
Un label porté par Qualit’EnR
QualiPV est une qualification délivrée par l’association Qualit’EnR, organisme spécialisé dans les énergies renouvelables qui gère également d’autres labels sectoriels comme Qualisol (solaire thermique), QualiPAC (pompes à chaleur) ou Qualibois (chauffage bois). Le label s’inscrit dans le cadre plus large de la mention RGE — Reconnu Garant de l’Environnement — reconnue par les pouvoirs publics et l’ADEME.
Il n’existe pas un seul label QualiPV mais trois modules complémentaires, correspondant à différents types d’interventions :
QualiPV Bât
Ce module concerne l’intégration des panneaux au bâti (surimposition ou intégration en toiture). Il est destiné aux couvreurs, étancheurs ou métalliers réalisant la partie structurelle de l’installation. À noter : ce module seul ne confère pas la mention RGE.
QualiPV 36 et QualiPV 500
Ces deux modules portent sur la partie électrique de l’installation. QualiPV 36 couvre les raccordements jusqu’à 36 kVA — ce qui correspond à la quasi-totalité des projets résidentiels. QualiPV 500 s’applique aux projets plus importants, jusqu’à 500 kVA, typiquement dans le tertiaire ou le collectif. Ce sont ces deux modules qui ouvrent droit à la mention RGE. Lorsqu’une entreprise réalise à la fois la pose et le raccordement électrique, elle doit cumuler QualiPV Bât avec l’un des deux modules électriques.
Comment une entreprise obtient-elle ce label ?
L’accès à la qualification est encadré. L’entreprise candidate doit d’abord être en activité et justifier d’une expérience dans l’installation photovoltaïque. Elle désigne ensuite un référent technique, qui suit une formation agréée de plusieurs jours couvrant les aspects techniques, réglementaires et sécuritaires des installations solaires. À l’issue de la formation, le référent doit réussir une évaluation théorique (QCM avec une note minimale de 24 sur 30) et une évaluation pratique.
Une fois le dossier constitué et soumis à Qualit’EnR, un audit de chantier est réalisé dans les deux ans suivant l’obtention du label. La qualification est valable quatre ans, avec des mises à jour annuelles des pièces justificatives. Les entreprises nouvellement créées ou ayant réalisé peu de chantiers peuvent obtenir une qualification probatoire d’une durée de deux ans.
Ce que cela change concrètement pour les particuliers
Pour un propriétaire souhaitant installer des panneaux solaires, vérifier que l’installateur est titulaire d’un label RGE avec cette qualification présente deux intérêts principaux.
D’abord, c’est une garantie de compétence. Le label atteste que l’entreprise a formé son personnel, qu’elle a été auditée et qu’elle respecte un référentiel technique précis. Dans un secteur qui a connu des pratiques commerciales parfois agressives, cette vérification permet de réduire le risque de mauvaise installation.
Ensuite, la mention RGE conditionne l’accès à certains dispositifs d’aide. La prime à l’autoconsommation, versée par EDF Obligation d’Achat pour toute installation photovoltaïque raccordée au réseau, nécessite obligatoirement un installateur certifié RGE. La TVA réduite à 5,5 % applicable depuis octobre 2025 sur les installations inférieures à 9 kWc est également soumise à cette condition.
Le point sur MaPrimeRénov’ et le solaire
Un point souvent mal compris mérite d’être clarifié. MaPrimeRénov’ ne finance pas les panneaux photovoltaïques classiques : cette aide, gérée par l’ANAH, est réservée aux équipements produisant de la chaleur. Depuis le 1er mai 2025, les panneaux photovoltaïques ont été définitivement exclus de son périmètre. Les projets solaires électriques bénéficient en revanche d’autres leviers : la prime à l’autoconsommation, la TVA réduite et un contrat d’achat du surplus à prix garanti sur vingt ans.
MaPrimeRénov’ reste en revanche pertinente pour d’autres technologies solaires. Les panneaux solaires thermiques (chauffe-eau solaire individuel, système solaire combiné) et les panneaux hybrides — qui produisent à la fois de l’électricité et de la chaleur — demeurent éligibles à la prime. Dans ce cas, l’installateur doit être titulaire d’une qualification RGE adaptée, comme QualiSol ou une certification reconnue pour les équipements thermiques. C’est notamment ici que le label de l’entreprise conditionne directement l’accès à la subvention pour le particulier.
Questions fréquentes
Comment vérifier qu’un installateur est bien certifié RGE QualiPV ?
Il suffit de consulter l’annuaire officiel disponible sur le site france-renov.gouv.fr ou directement sur le site de Qualit’EnR. La recherche s’effectue par département ou code postal. Il est recommandé de vérifier que la qualification est bien active au moment de la signature du devis.
Un électricien peut-il obtenir ce label sans expérience dans le photovoltaïque ?
La formation agréée est ouverte à tous les corps de métier du bâtiment : électriciens, couvreurs, génie climatique, etc. En revanche, l’entreprise doit justifier d’au moins deux installations réalisées dans les 48 derniers mois pour accéder à la qualification complète. Sans cela, une qualification probatoire de deux ans est possible sous conditions.
La prime à l’autoconsommation est-elle automatique après les travaux ?
Non. La demande doit être effectuée auprès d’EDF Obligation d’Achat, et l’installation doit être réalisée par un professionnel RGE. La prime est ensuite versée sur cinq ans (ou en une seule fois si l’option forfaitaire est demandée au moment du raccordement). Son montant dépend de la puissance installée.
Peut-on cumuler plusieurs aides pour une installation photovoltaïque ?
Oui, plusieurs dispositifs sont cumulables : la prime à l’autoconsommation, la TVA réduite à 5,5 % (applicable depuis octobre 2025 pour les installations inférieures à 9 kWc avec système de gestion de l’énergie) et les éventuelles aides locales de certaines collectivités. En revanche, MaPrimeRénov’ ne peut pas être sollicitée pour du photovoltaïque classique.
Combien de temps faut-il pour qu’une entreprise obtienne ce label ?
Entre le démarrage de la formation agréée et la réception de l’attestation, le délai est généralement de quelques semaines à quelques mois selon les sessions disponibles et les délais d’instruction du dossier par Qualit’EnR. Certains organismes de formation proposent des sessions en quelques jours, avec des délais d’accès variant de une semaine à plusieurs mois.






