Presque aussi vaste que le Portugal et couverte de forêt amazonienne sur la quasi-totalité de son territoire, la Guyane ne se parcourt pas comme une île des Antilles. Une route longe le littoral, de la frontière du Suriname à celle du Brésil, puis la carte se vide : au-delà, ce sont les petits avions et les pirogues qui prennent le relais. Taxis collectifs, bus, vols intérieurs, navigation sur les fleuves ou voiture de location : voici comment organiser vos trajets pour profiter pleinement de votre séjour sans perdre de temps.
Un territoire immense, une seule grande route
Le réseau routier guyanais repose sur deux axes principaux. La RN1 file vers l’ouest, de Cayenne à Saint-Laurent-du-Maroni, en passant par Macouria, Kourou, Sinnamary et Iracoubo. La RN2 part vers le sud-est jusqu’à Saint-Georges-de-l’Oyapock, à la frontière brésilienne, via Régina. Quelques routes départementales complètent l’ensemble et desservent Mana, Awala-Yalimapo, Roura, Cacao ou les abords du marais de Kaw. Tout le reste du territoire, c’est-à-dire l’immense majorité, n’est accessible qu’en avion ou par le fleuve.
Si vous avez déjà parcouru nos conseils pour se déplacer à La Réunion, oubliez le réflexe de la route qui fait le tour de l’île : en Guyane, on ne boucle rien. Les trajets se font en aller-retour le long de la côte, et les distances se comptent vite en centaines de kilomètres.
Taxis collectifs et bus, l’option économique sur le littoral
Sans voiture, le taxi collectif est la solution la plus répandue pour relier les villes de la côte. Ces minibus partent des gares routières, notamment celle de Cayenne, et desservent Kourou, Saint-Laurent-du-Maroni, Régina ou Saint-Georges. Ils démarrent généralement une fois pleins, sans horaire fixe : mieux vaut se présenter tôt le matin, quand les départs sont les plus nombreux. Le principe rappelle celui des grands taxis qu’on emprunte pour se déplacer au Maroc d’une ville à l’autre : économique et convivial, à condition d’accepter une part d’attente et un confort parfois sommaire.
La Collectivité territoriale de Guyane organise par ailleurs un réseau de transport interurbain, avec des lignes qui suivent la côte entre Cayenne, Kourou, Iracoubo, Mana, Saint-Laurent-du-Maroni et Awala-Yalimapo. Ces cars sont toutefois pensés pour les déplacements quotidiens des habitants et des scolaires : les fréquences restent limitées et il faut bien vérifier les horaires avant de partir.
Dans l’agglomération de Cayenne, le réseau Agglo’bus dessert les six communes du Centre Littoral (Cayenne, Rémire-Montjoly, Matoury, Macouria, Montsinéry-Tonnegrande et Roura), complété progressivement par les lignes de bus à haut niveau de service Yanéo. Pratique pour circuler en ville, il ne permet pas pour autant d’explorer le reste du territoire.
Taxis et transferts depuis l’aéroport
L’aéroport Félix-Éboué, situé à Matoury, se trouve à une vingtaine de minutes du centre de Cayenne. Une station de taxis le dessert, mais les tarifs sont élevés : comptez plusieurs dizaines d’euros pour rejoindre Cayenne, davantage le soir et les jours fériés. Pour Kourou ou plus loin, la facture grimpe vite. Un transfert réservé à l’avance auprès de votre hébergement est souvent la solution la plus simple, surtout si votre vol arrive tard.
L’avion, seule porte d’entrée rapide vers l’intérieur
Maripasoula, Saül, Grand-Santi ou Camopi ne sont reliés au littoral par aucune route. Pour s’y rendre rapidement, l’avion est incontournable. Depuis la disparition de l’ancienne compagnie Air Guyane, deux transporteurs se partagent ces lignes intérieures : Guyane Express Fly, également connue sous le nom d’Air Guyane, et la compagnie tchèque Van Air. Ils relient Cayenne et Saint-Laurent-du-Maroni aux communes de l’intérieur à bord de petits appareils d’une vingtaine de places.
Le vol entre Cayenne et Maripasoula dure environ 50 minutes, contre 45 minutes pour Saül, un village au cœur de la forêt accessible uniquement par les airs. Les places sont limitées et très demandées par les habitants : réservez le plus tôt possible, vérifiez la franchise bagages, souvent réduite sur ces petits avions, et gardez de la marge dans votre programme, car annulations et reports ne sont pas rares.
Pirogues et bateaux, la Guyane côté fleuves
Sur le Maroni, à l’ouest, et sur l’Oyapock, à l’est, la pirogue reste le moyen de transport du quotidien. Elle relie les villages riverains, ravitaille les communes isolées et permet aux voyageurs de remonter le fleuve lors d’excursions encadrées, avec nuit en carbet en pleine forêt. Pour ces sorties, passez par un prestataire reconnu : gilets de sauvetage, piroguier expérimenté et bonne connaissance des sauts, ces rapides qui ponctuent le cours des fleuves, font toute la différence.
Les fleuves servent aussi de frontière. À Saint-Laurent-du-Maroni, un bac international et de nombreuses pirogues assurent la traversée vers Albina, au Suriname. À Saint-Georges-de-l’Oyapock, le pont sur l’Oyapock ouvre la route du Brésil, mais la pirogue reste couramment utilisée pour rejoindre Oiapoque, sur l’autre rive. Dans les deux cas, prévoyez votre passeport et renseignez-vous à l’avance sur les formalités d’entrée du pays voisin.
Côté mer, l’excursion phare reste la traversée vers les îles du Salut. Des catamarans et navettes partent chaque jour de Kourou pour environ une heure de navigation jusqu’à l’île Royale, ancien bagne devenu l’un des sites les plus visités de Guyane.

Louer une voiture, la solution la plus libre sur le littoral
Pour explorer la côte à votre rythme, la voiture reste de loin l’option la plus pratique. Elle permet d’enchaîner le Centre spatial de Kourou, les plages de Rémire-Montjoly, le village hmong de Cacao, le sentier du Rorota ou les plages de ponte des tortues marines à Awala-Yalimapo, sans dépendre d’horaires de car espacés ou d’un taxi collectif qui attend d’être plein. C’est aussi la clé pour rejoindre les départs de randonnée et les criques un peu à l’écart des bourgs.
Les principaux loueurs disposent de comptoirs à l’aéroport Félix-Éboué, ouverts à l’arrivée des vols internationaux, et d’autres sont installés en ville. Passer par une agence de location de voiture en Guyane implantée à la fois du côté de Cayenne et à Saint-Laurent-du-Maroni ouvre aussi la porte à la location en aller simple. C’est le cas de Louer Pas Cher Guyane, présent à Rémire-Montjoly, aux portes de Cayenne, et à Saint-Laurent-du-Maroni : vous prenez le véhicule d’un côté, vous le restituez de l’autre, sans refaire en sens inverse les quelque 250 kilomètres de la RN1. Sa flotte, de la berline au SUV, se réserve en ligne et convient aussi bien aux longs trajets sur la nationale qu’aux escapades vers les plages et les départs de randonnée.
Les conditions ressemblent à celles de la métropole. Votre permis français suffit, la Guyane étant un département français, et l’âge minimum tourne généralement autour de 21 ans, avec parfois plusieurs années de permis exigées. Une carte bancaire au nom du conducteur est demandée pour la caution. Avant de signer, vérifiez le montant de la franchise, la politique carburant et les restrictions d’usage : de nombreux contrats excluent les pistes non revêtues ainsi que le passage de la frontière vers le Suriname ou le Brésil, où la question de l’assurance reste compliquée.
Côté véhicule, une citadine ou une compacte suffit largement pour les routes nationales, goudronnées. Un SUV ou un modèle à garde au sol plus haute devient intéressant si vous visez certaines pistes menant à des chutes ou à des départs de randonnée, surtout en saison des pluies, quand la latérite se transforme en boue. Pensez à réserver tôt pour les vacances scolaires et pour la saison sèche, d’août à novembre environ, périodes où la demande est la plus forte.
| Trajet | Mode de transport | Durée indicative |
|---|---|---|
| De Cayenne à Kourou | Voiture | Environ 1 h |
| De Cayenne à Régina | Voiture | Environ 1 h 30 |
| De Cayenne à Saint-Georges-de-l’Oyapock | Voiture | Environ 2 h 30 |
| De Cayenne à Saint-Laurent-du-Maroni | Voiture | 3 h à 3 h 30 |
| De Saint-Laurent-du-Maroni à Awala-Yalimapo | Voiture | Environ 1 h |
| De Kourou aux îles du Salut | Catamaran ou navette | Environ 1 h |
| De Cayenne à Saül | Avion | Environ 45 min |
| De Cayenne à Maripasoula | Avion | Environ 50 min |
Conduire en Guyane, les règles et les pièges à connaître
On roule à droite et le Code de la route est le même qu’en métropole, radars compris. La vraie différence tient à l’environnement : routes souvent étroites et peu éclairées, chaussée qui peut se dégrader vite sur les axes secondaires comme la route de Kaw, et averses tropicales capables de réduire la visibilité à presque rien en quelques secondes. Évitez autant que possible de rouler de nuit, quand piétons, cyclistes et animaux deviennent difficiles à repérer sur les bas-côtés.
Les règles de prudence habituelles s’appliquent aussi : ne laissez aucun objet de valeur visible dans l’habitacle, verrouillez le véhicule même pour un arrêt court et privilégiez les parkings fréquentés.
Nos conseils pour organiser vos déplacements
Le bon choix dépend surtout de votre itinéraire. Un séjour centré sur Cayenne, Kourou et les îles du Salut se gère très bien en voiture de location, éventuellement complétée par une excursion organisée vers le marais de Kaw. Un circuit vers l’Ouest guyanais, jusqu’à Saint-Laurent-du-Maroni, Mana et Awala-Yalimapo, se prête particulièrement au road-trip en aller simple. Et pour goûter à l’Amazonie profonde, à Saül ou sur le haut Maroni, il faudra combiner avion et pirogue, réserver longtemps à l’avance et garder au moins une journée de marge avant votre vol retour vers la métropole.
Questions fréquentes
Peut-on visiter la Guyane sans voiture ?
C’est possible, mais plus contraignant. Taxis collectifs et cars interurbains relient les principales villes du littoral, et de nombreuses excursions incluent le transport depuis Cayenne ou Kourou. En revanche, les plages, sentiers et sites naturels situés à l’écart des bourgs deviennent difficiles d’accès sans véhicule.
Faut-il un 4×4 pour circuler en Guyane ?
Non, une voiture classique suffit pour les routes nationales et la plupart des sites touristiques. Un véhicule plus haut n’est utile que pour certaines pistes, surtout en saison des pluies.
Peut-on aller au Suriname ou au Brésil avec une voiture de location ?
Le plus souvent, non : de nombreux loueurs l’interdisent ou l’encadrent strictement, et l’assurance pose problème de l’autre côté de la frontière. Le plus simple est de laisser la voiture côté guyanais et de traverser le fleuve en pirogue ou par le bac. Dans tous les cas, interrogez votre loueur avant de partir.
Comment rejoindre Maripasoula ou Saül ?
Par avion, depuis Cayenne ou Saint-Laurent-du-Maroni, avec Guyane Express Fly ou Van Air. Maripasoula peut aussi se rejoindre en pirogue en remontant le Maroni, mais le trajet est très long et dépend du niveau des eaux. Saül, lui, n’est accessible que par les airs.






