Entre les ruelles de la médina, les distances qui séparent les villes impériales et les envies d’excursion vers l’Atlas ou le désert, le Maroc impose de bien choisir son mode de transport. Petit taxi, grand taxi, train ONCF, voiture de location : chaque option a ses forces, ses pièges et son mode d’emploi. Voici de quoi organiser vos trajets sans mauvaise surprise.
Le petit taxi, l’option reine en ville
Si vous avez déjà repéré votre riad ou votre hôtel de luxe à Marrakech, le petit taxi sera sans doute votre premier réflexe pour rallier la médina ou Guéliz. Dans chaque ville marocaine, les petits taxis se reconnaissent à leur couleur : ocre à Marrakech, rouge à Casablanca et Agadir, bleu à Rabat, turquoise à Tanger. Ce sont de petites voitures limitées à trois passagers et à un usage strictement intra-urbain ; elles n’ont pas le droit de sortir de la ville.
Le compteur est obligatoire par la loi. Il démarre autour de 7 MAD, puis ajoute quelques dirhams par kilomètre : comptez généralement entre 15 et 35 MAD pour une course en journée, un peu plus la nuit, car une majoration d’environ 50 % s’applique après 20h ou 21h. Dans les faits, certains chauffeurs rechignent à l’allumer, surtout près des zones touristiques comme Jemaa el-Fna : demander poliment « le compteur, s’il vous plaît » suffit la plupart du temps, sinon mieux vaut négocier le prix avant de monter, ou changer de taxi.
Le grand taxi, l’option collective entre les villes
Les grands taxis, souvent d’anciennes berlines Mercedes ou des minivans plus récents, assurent les liaisons interurbaines et certains trajets périphériques que les petits taxis ne couvrent pas. Ils fonctionnent sans compteur : soit au forfait pour le véhicule entier, soit à la place dans un système collectif où le taxi part une fois les six sièges occupés.
Le tarif se négocie et se fixe avant le départ, jamais pendant le trajet. Pour rejoindre la Palmeraie depuis le centre-ville, ou pour enchaîner deux étapes de notre sélection des lieux incontournables à Marrakech un peu éloignées l’une de l’autre, comptez plutôt 100 à 150 MAD en grand taxi collectif. C’est économique et immersif, mais moins pratique avec de gros bagages ou de jeunes enfants ; dans ce cas, un transfert privé réservé à l’avance reste plus confortable.
L’ONCF, le train nouvelle génération
Le réseau ferroviaire marocain, géré par l’ONCF depuis 1963, s’étend aujourd’hui sur environ 2 100 kilomètres et relie les grandes villes du pays : Casablanca, Rabat, Fès, Meknès, Tanger, Oujda et Marrakech. Deux gammes coexistent. L’Al Boraq, premier TGV africain, roule jusqu’à 320 km/h sur l’axe Tanger, Kénitra, Rabat, Casablanca, avec une desserte quasi horaire aux heures de pointe. L’Al Atlas, plus classique, prolonge le réseau vers Fès, Meknès, Oujda et Marrakech.
Marrakech n’est pas encore desservie directement par la ligne à grande vitesse : le chantier de prolongement de la LGV entre Kénitra et Marrakech est en cours, avec parfois des perturbations ponctuelles et des dessertes par autocar de substitution le temps des travaux. En attendant, la liaison Marrakech, Casablanca reste assurée par les trains Al Atlas.
La réservation se fait en ligne sur oncf.ma, via l’application ONCF Voyages, ou aux guichets et automates en gare. Sur les lignes Al Boraq et Al Atlas, le billet correspond à une place assise réservée : mieux vaut acheter un jour ou deux à l’avance les vendredis soir, les dimanches de retour et autour des fêtes, quand la demande locale grimpe. Les tarifs réduits « Yalla » récompensent aussi l’achat anticipé.
Louer une voiture, la liberté sur les routes marocaines
La location de voiture prend tout son sens pour explorer l’Atlas, la vallée du Drâa ou la côte à son rythme, loin des dessertes ferroviaires. Les conditions ressemblent à celles pratiquées en France : âge minimum généralement fixé à 21 ans chez la plupart des agences internationales (Avis, Hertz, Europcar, Sixt, Budget, Dollar Maroc), parfois 23 ou 25 ans pour les catégories SUV et 4×4, avec un an de permis minimum.
Le permis français ou européen suffit ; le permis de conduire international n’est utile que si votre document n’est pas rédigé en alphabet latin, ou si l’agence choisie le demande par précaution. Une carte de crédit au nom du conducteur principal est en revanche quasiment indispensable pour la caution, les cartes de débit classiques étant rarement acceptées.
Quelques repères pratiques avant de prendre la route : la conduite se fait à droite comme en France, la politique de carburant est généralement « plein contre plein », les stations se raréfient dans le désert et les zones reculées, et la sortie du territoire avec un véhicule de location est en général interdite. Les assurances incluses couvrent la responsabilité civile de base ; une couverture complémentaire limite les frais en cas de petit accrochage, fréquent en ville.
Quel mode de transport choisir selon votre voyage
En pratique, les trois modes se combinent plus qu’ils ne s’excluent. Le petit taxi couvre les déplacements du quotidien en ville. Le train ONCF s’impose pour relier les grandes villes impériales sans stress de conduite ni frais de carburant. La voiture de location devient utile dès que l’itinéraire s’éloigne des gares : montagne, désert, petites routes côtières. Le grand taxi, enfin, dépanne sur les liaisons courtes non couvertes par le train, pour un budget serré et une expérience locale authentique.
Questions fréquentes
Uber fonctionne-t-il au Maroc ?
Non, Uber a quitté le marché marocain. Des applications comme inDrive, Heetch ou Careem le remplacent dans les grandes villes et permettent de fixer le prix avant la course, sans négociation avec le chauffeur.
Peut-on payer le train ONCF en espèces à la gare ?
Oui, les billets s’achètent aussi aux guichets et aux automates en gare, en plus de l’achat en ligne ou via l’application mobile.
Faut-il un permis international pour louer une voiture au Maroc ?
Pas si votre permis est européen et rédigé en alphabet latin. Il devient utile si votre permis national n’est pas dans cet alphabet, ou si l’agence de location le demande par mesure de précaution.
Le compteur est-il obligatoire pour tous les taxis ?
Seuls les petits taxis sont soumis au compteur par la loi. Les grands taxis et les taxis d’aéroport fonctionnent sur des tarifs forfaitaires convenus à l’avance.






