Le dirham marocain et le dinar tunisien partagent une particularité qui surprend toujours les voyageurs : impossible de les acheter avant de partir. Ce sont des devises dites non convertibles, ce que beaucoup résument par le mot « fermées ». Concrètement, l’entrée comme la sortie de billets locaux sont interdites par la loi des deux pays. Pas de petite réserve de dirhams glissée dans le portefeuille avant l’embarquement, pas de dinars commandés à sa banque ; le change se fait sur place, un point c’est tout.
La logique est simple : les deux banques centrales protègent leurs réserves de devises et gardent la main sur leur monnaie. Pour le voyageur, cela change surtout une chose ; il faut arriver avec des euros, en espèces ou sur une carte, et organiser son change une fois sur le territoire.
Changer ses euros sur place, mode d’emploi
Les points de change ne manquent pas : aéroports, banques, bureaux agréés, hôtels et même certains bazars au Maroc. Le réflexe malin consiste à changer une petite somme dès l’arrivée, de quoi régler un taxi et les premières dépenses, puis à compléter en ville, où les taux sont en général plus intéressants qu’au comptoir de l’aéroport.
À titre indicatif pour 2026, l’euro s’échange autour de 10,7 dirhams au Maroc et de 3,4 dinars en Tunisie ; ces niveaux bougent au fil des semaines, mieux vaut vérifier la veille du départ. Les distributeurs automatiques restent une autre option fiable pour retirer du liquide directement en monnaie locale, souvent à un taux correct.
| Repère | Dirham marocain (MAD) | Dinar tunisien (TND) |
|---|---|---|
| Taux indicatif | 1 € ≈ 10,7 MAD | 1 € ≈ 3,4 TND |
| Billets locaux dans la valise | Interdits (tolérance ≈ 2 000 MAD) | Interdits |
| Déclaration des devises à l’entrée | Au-delà de 100 000 MAD (≈ 9 300 €) | Au-delà de 20 000 TND |
| Justificatif à conserver | Bordereau de change | Bordereau et déclaration d’importation |
Carte ou espèces, le bon dosage
Dans les villes, les hôtels, les grandes enseignes et de nombreux restaurants, la carte passe sans souci. Une vigilance toutefois : si le terminal propose de régler en euros plutôt qu’en monnaie locale, refusez ; ce service de conversion automatique applique presque toujours un taux défavorable.
Les espèces, elles, restent indispensables dès qu’on quitte les sentiers balisés ; médinas et souks, petits taxis, marchés, pourboires, villages reculés. Garder un peu de liquide local sur soi évite bien des blocages au moment de payer.
Au Maroc, le dirham sous surveillance
Sortir des billets en dirhams du territoire est interdit, avec une tolérance d’environ 2 000 dirhams pour les imprévus de dernière minute. À l’entrée, une déclaration en douane devient obligatoire au-delà de 100 000 dirhams en devises, soit près de 9 300 euros ; un seuil qui concerne peu les vacanciers, mais bon à connaître.
Nouveauté côté pratique : depuis le printemps 2026, l’application e-Change de Bank Al-Maghrib permet aux touristes de convertir jusqu’à la moitié de leurs devises en dirhams depuis leur smartphone, de quoi éviter la file d’attente au guichet de l’aéroport et arriver en ville avec déjà un peu de monnaie locale en poche.
En Tunisie, le dinar bien gardé
Même principe qu’au Maroc : importer ou exporter des billets en dinars est prohibé sous toutes leurs formes. Toute somme en devises égale ou supérieure à 20 000 dinars doit être déclarée à la douane, à l’entrée comme à la sortie. Un voyageur non-résident qui compte repartir avec l’équivalent de plus de 5 000 dinars en devises a tout intérêt à remplir une déclaration d’importation à l’arrivée ; elle reste valable trois mois et pour un seul séjour.
Depuis début 2026, les bureaux de change tunisiens demandent par ailleurs systématiquement une pièce d’identité, même pour de petits montants ; un document à garder à portée de main pour ne pas se voir refuser l’opération.

Garder ses justificatifs pour le retour
Voici le réflexe qui fait gagner de l’argent : conserver chaque bordereau de change. À la fin du séjour, ce justificatif permet de reconvertir en euros les dirhams ou dinars non dépensés, dans la limite prévue par la réglementation. Sans lui, la reconversion est tout simplement refusée ; et comme on ne peut pas repartir avec les billets locaux, le reliquat risque de rester coincé.
La bonne stratégie tient en une phrase : changer au fur et à mesure plutôt que tout d’un coup, pour ne pas se retrouver avec une liasse impossible à écouler sur place ni à rapporter chez soi.
Questions fréquentes
Peut-on vraiment ne pas acheter de dirhams ou de dinars avant de partir ?
Non, et ce n’est pas une question de mauvaise volonté de votre banque ; ces monnaies ne se vendent pas hors de leur pays. Le change se fait obligatoirement sur place, à l’arrivée.
Vaut-il mieux changer à l’aéroport ou en ville ?
Une petite somme à l’aéroport pour démarrer, le reste en ville. Les bureaux urbains et les distributeurs offrent en général de meilleurs taux que les comptoirs d’arrivée.
Que faire des billets qu’il me reste à la fin ?
Les reconvertir en euros avant le départ, bordereau de change à l’appui. Impossible de les rapporter légalement, autant ne pas en garder de trop.
La carte bancaire suffit-elle sur place ?
Dans les villes, souvent oui. Mais gardez toujours des espèces pour les taxis, les souks, les pourboires et les zones rurales, où le paiement sans contact n’a pas encore sa place.





